Edouard de Woodstock – le prince noir (1330 – 1376)

Edouard de Woodstock, dit le Prince noir (1330 – 1376), prince de la dynastie des Plantagenêts et chef militaire anglais, fut prince de Galles, comte de Chester, duc de Cornouailles et prince d’Aquitaine. Fils aîné du roi Édouard III d’Angleterre et de Philippa de Hainaut, il doit son surnom posthume à la couleur de son armure. Il aura nombreux frères et sœurs, dont Jean de Gand et Edmond d’York. Edouard rappelle son illustre parent Richard coeur de lion (1157 – 1199). On retrouve chez lui le même génie tactique, le même pouvoir de discipline sur les troupes et le même courage personnel.

Né à Woodstosck tout près d’Oxford, Edouard a une enfance très classique pour l’époque. Les chroniqueurs relève qu’il aimait jouer à la balle, écouter les ménestrels et les jeux d’argent. Son éducation fut réalisée par Wlater Burley, célèbre philosophe de son époque, et enseignant à l’université d’Oxford, maître en théologie en 1324 à l’âge de 50 ans. Il fut chargé d’enseigner au futur roi les grands principes de ce monde et un enseignement théologique. Son maître d’arme fut Walter Mauny, chevalier du Hainaut, arrivé à la cour dans la suite de la reine Philippa, mère d’Edouard.

En 1337, suite à une querelle dynastique, son père Édouard III se proclame roi de France, ce qui déclenche la Guerre de Cent Ans. En 1338, à l’âge de huit ans, son père part pour la Flandres afin de contracter des alliances contre la France. Edouard III le nomme protecteur du royaume en son absence, assisté par ses plus proche conseiller. Tout au long de son enfance, son père mettra un point d’honneur à l’associer à l’exercice du pouvoir afin de le préparer à son futur rôle.

La bataille de Crécy

En 1346, Édouard III entreprend une troisième chevauchée ayant pour but de piller les provinces françaises proches de la Manche et juge opportun d’emmener avec lui son fils ainé. Le prince a déja acquis un certain entrainement au combat en participant à de nombreux tournois, habitude qu’il conservera toute sa vie. Afin de montrer qu’il entend que son fils joue une part active dans cette campagne, Edouard fait chevalier son fils le 11 juillet 1346 lorsqu’il débarque à la Hague. Il participe au ravage de la Normandie et réalise son premier fait d’armes en prenant un pont près de Caen après un rude combat.

Le 26 août 1346 eut lieu la bataille de Crecy. Edouard de Woodstock y prendra le commandement de l’aile droite du dispositif anglais en première ligne avec l’aide du tout jeune comte de Warwick. L’histoire a retenu que le prince faillit perdre prematurement la vie ce jour là. S’étant laissé entrainé par sa fougue et son courage au sein des lignes ennemies, il fut jeté à bas de son cheval. Il ne dut la vie qu’à la présence d’esprt de son porte étendard qui le recouvrit de l’étoffe de son drapeau et repoussa un à un tous ses assaillants. La bataille de Crecy tourna vite au désatre pour les français. Certes les français disposait d’une supériorité numérique flagrante ainsi que d’un nombre conséquent d’arbalétriers génois parmis les meilleurs soldats de leur époque. Mais l’indiscipline et les lacunes du commandement français combinés aux conditions météorologiques désatreuses (la bataille se déroula sous un sévère orage) fit que les plus de quinze charges françaises furent promptement brisées par les archers gallois équipés de leurs redoutables arcs long (long bow). Suite au désastre de l’armée française, Edouard III a désormais les mains libres et remonte tranquillement vers Calais qu’il assiège pendant une année. Calais se rendra le 4 août 1347 sans que le roi de France puisse se porter à son secours. Calais sera désormais une base navale anglaise qui facilitera le débarquement des armées sur le théâtre d’opération du nord.

La bataille de Poitiers

En 1353, il doit faire face à une révolte dans son comté de Chester. Une série d’échauffourées aboutit à l’assassinat de l’un des dignitaires du prince. Le prince arrive alors avec une forte armée et propose un compromis : une forte amende. Cet évènement, mené de main de maître par le prince et résolu habilement est peut-être l’élément déclencheur qui amène Edouard III à confier plus de responsabilité à son fils. En juillet 1355, il le nomme lieutenant de Gascogne. Ainsi débute la première chevauchée du prince noir en Aquitaine. Il ravagera en compagnie de ses alliés et des proches les comtés de Julliac, Armagnac et d’Astarac, commettant de nombreux massacres dans la région de Toulouse, Montgiscard et en mettant à sac la ville de Carcassonne. Rentré en Agngleterre en Janvier 1356, il revient l’été suivant pour une nouvelle campagne qui le verra ravager le Limousin et le Berry. Il échouera à prendre la ville de Bourges mais prendra Vierzon dont il fera passer au fil de l’épée toute la garnison. Fortement alourdi par son butin, il déide de regagner la Loire afin de rejoindre la ville de Bordeaux via Poitiers. Mais au début septembre, la troupe est poursuivie par le roi de France Jean II le Bon. Les français bloquant la voie à Poitiers et du même coup les renforts que Edouard de Woodstock attendait. Le roi de France lui fait alors une proposition que le prince noir ne peut ignorer. Mais lorsqu’il apprend que sa reddition personnelle figure dans les conditions, il prend le risque de l’affrontement en jouant son va-tout. Il fais trainer les discussions en longueur ce qui lui permet de bien retrancher son camp. Le jour de la bataille, les français qui n’ont pas oublié la bataille de Crécy, décide de démonter leur cavalerie. Les chevaliers français, alourdit dans leurs armures sont une proie facile pour l’infanterie anglaise disciplinée el les lanciers gallois qui ne s’encombrent pas d’armure. La discipline anglaise jouera pleinement son rôle durant la bataille et le roi de France et son fils seront capturés lors de l’affrontement. La présence du roi de France et de plusieurs nobles de haut rang ajoute un butin considérable à celui déja accumulés. Rentré à Bordeaux, le prince noir est acclamé en héros et sa légende débute certainement lors de cette bataille de Poitiers.

Le retour du Prince en Angleterre est source de liesse et de grandes réjouissances. tout va bien pour l’Angleterre qui n’a plus de rival proche : l’Ecosse ayant été mise au pas et la France privée de sa tête. En mai 1357, le roi de France est extradé de Bordeaux à Londres et Edouard III s’efforce d’obtenir le meilleur avantage de leurs succès militaire. Il exige la cession par la France de vaste territoires. En 1359, afin d’enfoncer le clou, les anglais tentent de prendre la ville de Reims en lançant une expédition depuis Poitiers. Le but de l’expédition étant de faire couronner Edouard III roi de France. Cette expédition échouera, ce qui permettra au dauphin Charles V d’écarter les exigences les plus démesurées et de ramener la rançon de quatre à trois millions d’écus en or. Par le traité de Bretigny, le roi d’Angleterre obtient : Périgord, Agenais, Quercy, Rouergue, Bigorre, Limousin, Saintonge, Poitou, Montreuil, Ponthieu, guines et Calais. A condition qu’il renonce au trône de France. Du reste, le roi prisonnier est autorisé à rentrer en France à la condition de verser une partie de la rançon. Rentré en France et ne pouvant en régler son intégralité, Jean II le Bon retournera en Angleterre pour y finir sa captivité ou il finira ses jours dans le palais de Jean de Gand.

Edouard, Prince d’Aquitaine

Très courtisé, Edouard de Woodstock se maria contre toute attente et en desaccord avec son père avec Jeanne, comtesse de Kent, une de ses cousines, veuve d’un premier mariage et dont il était le parrain d’au moins de de ses enfants. Edouard III finit par pardonner à son fils et le nomma prince d’Aquitaine le 19 juillet 1362. Edouard s’embarqua donc en compagnie de sa femme Jeanne pour Bordeaux ou il entretint une cour ou régnait le luxe et l’extravagance lors de nombreuses fêtes et tournois. Les taxes qu’il imposa à l’Aquitaine pour les financer étaient considérables et fini par courroucer une partie de la noblesse et de la bourgeoisie.

L’aventure castillane

En 1366, Pierre le cruel, roi de Castille, appelle à l’aide le prince d’Aquitaine afin de l’aider à reprendre son trône usurper par son frère Henri de Trastamère et soutenu par le roi de France. Pour le décider, Pierre le cruel lui propose le royaume de Galice pour son fils et la moitié de sa fortune personnelle. Edouard lève donc une armée en Aquitaine composée de gascons, d’anglais et de divers mercenaires à sa solde. L’accord prévoit également qu’après avoir réglé le sort de Henri de Trastamare, les deux alliés partiront en croisade contre les maures d’Espagne. C’est en avril 1367 que se tient la bataille de Najera. Les anglais, épuisés et mal ravitaillés ne doivent la victoire qu’a une infériorité numérique flagrante des troupes de Henri de Trastamre et à l’inexpérience des troupes adverses. Il est vrai que les mercenaires anglais qui ont aider Henri de Trastamare a conquérir son trône ont changé de camp lorsqu’ils ont compris qu’Edouard de Woodstock serait leur adversaire. C’est une sévère défaite et Bertrand du Guesclin qui menait les troupes françaises est capturé. A la sortie du champ de bataille, Edouard de Woodstock se rend à Burgos ou il compte recevoir le prix de sa participation, mais il n’obtient qu’un renouvellement des voeux de Pierre le cruel et il se rend vite compte que Pierre le cruel n’honorera jamais sa dette. Cependant, il lui faut s’occuper de son armée que la faim, la maladie et les privations commence à décimer. De plus, Henri de Trastamare n’est pas resté inactif. Il a franchit les Pyrénées et commence à ravager l’Aquitaine. Mais Edouard ne peut plus payer ni ses mercenaires, ni ses soldats régulier. Il repasse cependant en Aquitaine et réussit à détourner les mercenaires d’Henri vers les territoires du roi de France.

La fin du prince Noir

Afin de payer ses troupes, il décide d’une nouvelle levée d’impôts en Aquitaine. C’est un échec et les nobles d’Aquitaine en appelle à leur suzerain le roi de France qui somme le prince Edouard de venir s’expliquer à Paris. Edouard répond qu’il viendra accompagné de 60000 soldats…

Le roi de France lève une armée et porte la guerre en Aquitaine. Un à un les châteaux aquitains tombent tandis qu’Edouard, malade est trop faible pour mener une camapagne efficace. c’est donc son frère, Jean de Gand qui prend la tête du parti anglais et mène la résistance. Jean de Gand d’ailleurs, qui aspire à la succession suite à la mort du fils ainé d’Edouard. En 1370, le roi de France lève deux grandes armées afin d’en finir. Limoges est reprise, livrée par son évêque, ami personnel d’Edouard. Furieux, Edouard lève une armée et reprend la ville après un mois de siège tout en donnant l’ordre de ne pas faire de quartier.

De plus en plus malade, Edouard décide de rentrer en Angleterre en 1370. Après une tentative avortée de débarquement en 1372, il renonce à sa principauté. Les derniers mois de sa vie seront partagés entre ses bonnes œuvres et les soucis causés par ses dettes. Il ne sera cependant jamais roi d’Angleterre puisqu’il meurt en 1376 à l’âge de 46 ans, avant son père Edouard III qui décèdera l’année suivante. Edouard de Woodtock sera enterré dans la cathédrale de Canterbéry. Ce sera son second fils, Richard, né à Bordeaux en 1367 qui deviendra roi d’Angleterre sous le nom de Richard II.

Son surnom de prince noir, serait dû à la couleur de son armure. Cependant, il ne fut jamais appelé ainsi par ses contemporains. Ce n’est qu’en 1568 qu’apparait la première mention de ce surnom dans les chroniques d’Angleterre de Richard Grafton. Cependant et pour certains, son surnom n’téait pas dû à la couleur de son armure, mais plutôt à la noirceur de son âme. Ainsi vécut Edouard de Woodstock, un des plus grand chevalier anglais de son siècle.

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